Sport et Société Québec, un site consacré à l'histoire du sport au Québec

lundi 18 août 2008

Les régates au XIXe siècle (1)

Bonjour à tous,

Afin de souligner les succès de l’équipe canadienne au bassin olympique des Jeux de Pékin, je vous propose un texte en deux parties sur les régates au XIXe siècle. Afin d’être en mesure d’en connaître un peu plus sur ce type de compétition, jetons un œil sur ces courses nautiques présentées dans une ville comme Saint-Hyacinthe.



Au cours du XIXe siècle, les Maskoutains ont l’occasion de participer et d’observer un certain nombre d'amusements et de sports. Quelques années avant 1850, une piste de course de chevaux est aménagée sur le terrain où se tient l’exposition agricole. Un peu plus tard, les sports d’équipe comme la crosse et le baseball font leur apparition.

En hiver, lorsque le froid s’installe et que la neige est suffisante, les sportifs sortent leurs raquettes et enfilent leurs patins. Les mascarades et les défilés de raquetteurs sont autant d’occasions permettant aux gens de bonne société de fraterniser et de s’amuser.

Quelques années avant la fin du siècle, de nouvelles pratiques individuelles émergent ce qui entraine la formation de clubs. À titre d’exemple, le club de croquet La Providence, avec sa fondation en 1879, est sans doute la plus vieille institution sportive de Saint-Hyacinthe.

Mais au cours de cette période, il ne faut pas oublier les activités nautiques, car elles donnent aux sportifs l’occasion de s’illustrer, tout en constituant un amusement de premier choix pour les spectateurs.

Les régates

Le Petit Robert nous indique que le terme régate provient du terme vénitien regata. Ce mot signifie défi et, essentiellement, il s’agit de courses de bateaux à la voile ou à l’aviron.

Au Québec, les premières régates ont lieu au cours des années 1820, sur le fleuve Saint-Laurent, en face de la ville de Québec. Il s’agit de compétitions bien organisées qui se déroulent selon le modèle des courses de chevaux comme l’indique un article du journal La Minerve en 1831. À peine quelques années plus tard, des régates sont tenues à Montréal et à Longueuil. En 1870, le rédacteur du journal Le Canadien estime que plus de 45000 spectateurs assistent aux régates de Lachine. Enfin, si cette estimation semble exagérée, notons qu’il devait y avoir tout de même une très grande foule à cette occasion.

Les premières régates maskoutaines

Selon la documentation consultée, les premières régates à se tenir à Saint-Hyacinthe se déroulent au cours de l’été 1870. « Ceux qui déclarent qu’on s’amuse à St-Hyacinthe ont dit une sottise; il faut dire qu’on s’amuse parfaitement. Il ne manquait qu’une chose à notre récréation : des régates, et nous en avons des régates régulièrement tous les dimanches depuis quinze jours », d’affirmer le rédacteur du Courrier de St-Hyacinthe dans son édition du 23 août 1870.

Quelques années plus tard, un athlète canadien du nom d’Edward Hanlan obtient beaucoup de succès en aviron. Il est champion canadien en 1877 et par la suite, il défendra également son titre de champion du monde à six reprises. Ainsi, bénéficiant d’un exemple de réussite, les régates deviennent de plus en plus populaires au Canada. Saint-Hyacinthe ne fait pas exception. Dès 1879, l’organisation semble plus sérieuse puisque les compétitions se déroulent sous les auspices du « St.Hyacinthe Boating Club ».

Au cours de l’après-midi du 4 août 1879, trois courses sont inscrites au programme. La première se déroule sur une distance d’un mille (1,6 km) pour chaloupe à deux rameurs. Parmi les cinq embarcations participantes, la Thémis remporte la victoire par une demi-longueur. Les rameurs Arthur Dessaulles et Émile Delorme, ainsi que le pilote propriétaire Maurice Saint-Jacques, se méritent « deux magnifiques drapeaux en soie cordée bleue avec broderie splendides ».

La deuxième épreuve se tient sous le signe de la bonne humeur puisqu’il s’agit d’une course en cuvette. Les spectateurs ravis ont de nombreuses occasions de s’esclaffer, car les participants éprouvent beaucoup de difficultés lors de leur embarquement. Plusieurs s’y reprennent à maintes reprises et finalement, la course est remportée par M. G. Lamothe.

La dernière compétition est une course d’un demi-mille pour un rameur. Afin de respecter une certaine équité, deux des six embarcations prennent le départ avec 100 pieds de recul. Quelle chaloupe franchira la ligne d’arrivée en première position? Il y a la Winnie, la Thémis, la Garry, la Grace, la Baby Mine et la Milady. C’est M. R. Foster, à bord de la Winnie, qui remporte la victoire.

À suivre.

Photo : le champion mondial Edward Hanlan
www.rowinghistory.net/professionals.htm