À l’aube de cette fin de semaine de Formule 1, où le Grand Prix de Montréal célèbre son trentième anniversaire, il est de mise de vous parler de course automobile. Mais jetons un coup d’œil original sur cette activité sportive en regardant ce qui s’est passé lors de ce qui pourrait être le premier événement du genre à Montréal.
Des courses automobiles se déroulent le 15 octobre 1904.

Laissons la parole à un témoin de l’époque :
« La première réunion du club des automobilistes de Montréal, a eu lieu samedi au parc DeLorimier. La température idéalement belle que nous avons eue avait attiré une foule imposante et de plus, fit de cette première tentative un succès relativement satisfaisant. » (1)
Ainsi donc, une première tentative qui s’avère un peu décevante, car certaines voitures possèdent 40 chevaux-vapeur et elles peuvent parcourir un mille en une minute. Mais la piste d’un demi-mille du parc DeLorimier est trop courte, car les bolides ne peuvent atteindre leur vitesse maximum. De plus, comme il s’agit d’un hippodrome, la piste est cahoteuse, provoquant ainsi beaucoup de travail aux pilotes.
Cependant, le spectacle vaut le déplacement, car « par l’enthousiasme que provoqua chaque course, il nous est facile de prédire que le beau sport de l’automobile est appelé à devenir l’un des plus populaires que nous ayons dans le pays. » (2) Parole prophétique s’il en est une… Parlez-en aux milliers d’amateurs qui franchiront les guichets du Grand Prix de Montréal au cours du week-end.
La première course se déroule entre automobiles à vapeur « Stanley » pour une distance de deux milles. Le gagnant est M. L. D. Robertson qui signe un temps de 4 min 12 s.
La deuxième course est disputée par des pilotes au volant de « machine à gazoline Queen’s ». Le gagnant, M. L. N. Patenaude franchit les deux milles en 4 min 54 s.
La troisième course pour automobile « Rambler » est remportée par M. Arthur Migneault dans un temps de 4 min 54 s.
La quatrième est disputée entre une Renaud et une Panhard-Levasseur, deux « machines françaises ». La Renaud, pilotée par M. Duncan MacDonald, survole la piste et signe un record de piste avec un temps de 3 min 49 s pour une distance de deux milles.
Finalement, la cinquième course est un « free for all » pour cinq milles. C’est le clou du spectacle. Quatre concurrents se disputent la victoire. Dès le premier tour, un pilote abandonne, tandis que la Rembler et la Stanley se détachent peu à peu de la Renaud. Après quatre milles, les deux premiers disposent d’un tour d’avance sur la Renaud. La lutte est féroce entre la Rembler et la Stanley. Puis, soudainement dans le dernier tour, la Stanley manque de pouvoir. Tant est si bien que le pilote doit descendre de voiture pour regarder ce qui se passe. Pendant ce temps, M. L. D. Robertson termine l’épreuve suivi par la Renaud qui mérite la deuxième position. Le temps de l’épreuve est de 8 min 18 s.
Il va de soi qu’avec ces premières courses, on devait installer le « paddock ». Afin d’assurer le confort de ces dames, les organisateurs avaient disposé du tapis à leur intention. Ainsi, à cette époque, on retrouve tous les éléments avec lesquels les promoteurs ont construit le sport automobile depuis plus de 100 ans.
(1) La Patrie, 17 octobre 1904, p.2
(2) La Patrie, 17 octobre 1904, p.2
Photo : 1904 Stanley model "CX"
www.steamcar.net/latestpictures.htm



1 commentaires:
Je me demandais en combien de temps, l'humain pouvait franchir les 100m à l'époque de ces bolides?
Très intéressant et bien documenté.
Jean
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