Bonjour à tous,
Depuis un certain temps, quelques observateurs du monde sportif montrent du doigt le Canadien de Montréal. Dans l’esprit de plusieurs, cette équipe de la Ligue Nationale de Hockey, doit représenter dignement le fait français au Québec.
Il y a quelques années, j’ai rédigé une série d’article à propos d’Eugène Payan, un Maskoutain qui a porté les couleurs du Canadien de 1910 à 1914. Au début de son aventure montréalaise, Payan est, malgré lui, impliqué dans une controverse à propos de la représentativité de son équipe envers les Canadiens français. Voici un extrait de ce texte.
Eugène (Pete) Payan
Après avoir refusé un contrat avec le club National en 1909, Pete Payan est engagé par le Canadien en novembre 1910. Les journalistes parlent de lui comme étant le joueur amateur du Canadien. Le 24 décembre 1910, le rédacteur de La Presse explique: «Une mention spéciale est cependant due à Eugène Payan, fils du maire Payan, de St-Hyacinthe, qui a consenti à prêter ses services au club sans demander aucune rémunération. Au contraire, Payan a exigé de ne pas recevoir un sous de salaire, disant qu’il voulait jouer par amour du sport et pour aider les Canadiens-Français à remporter le championnat…».
Dès sa venue au sein de l’équipe montréalaise, Payan attire l’attention. On affirme qu’il est le point de mire des quelques 300 spectateurs qui s’entassent à l’Arena pour assister à la première pratique du club. «Il tire avec une rare adresse et chacun s’accorde à dire qu’il sera un des meilleurs scorers de la saison», affirme le journaliste de La Presse du 16 décembre 1910.
Mais avant d’aller plus loin, il faut considérer le contexte de l’époque, car Payan se retrouve au cœur d’une controverse. En novembre 1910, les dirigeants de l’Association Nationale de Hockey du Canada permettent au Club Athlétique Canadien de se considérer propriétaire des joueurs francophones. Il ne s’agit pas d’un règlement, mais plutôt d’une règle non écrite. En début de saison, les coéquipiers du Maskoutain se nomment donc: Vézina, Laviolette, Pitre, Lalonde, Dallaire et Poulain. Toute la population francophone se retranche derrière le club qui représente dignement la «race», comme on se plaît à le dire à l’époque. Même à Québec, lorsque que le Club Athlétique Canadien s’y présente, le public encourage l’équipe montréalaise au détriment du club local anglophone.
Puis, en février 1911, la controverse éclate : les dirigeants du Canadien embauchent Rocket Power, un canadien-anglais. La présence de Power provoque le tollé général, aussi bien dans la presse qu’auprès de la population francophone. En plus de critiquer la venue de ce nouveau joueur canadien-anglais, on doute que le Club Athlétique Canadien soit le digne représentant de la nation. Voyons ce qu’en dit le journaliste du Devoir, le 5 février 1911: «Il est regrettable que MM Kennedy et Lecours, par cet engagement, aient enlevé à leur équipe son caractère si distinctif: caractère qui lui a valu l’encouragement des Canadiens-français. Aujourd’hui, avec Power, les clubs que vaincra le «Canadien» pourront dire: «Nous sommes défaits, mais non par sept canadiens-français. Comprend-on toute la différence?».
Non satisfait de cette attaque du point de vue ethnique, on soulève le voile sur les buts réels des dirigeants du club, en affirmant que leurs intérêts sont strictement d’ordre financiers.
Cependant, un lecteur du journal Le Devoir fait une toute autre analyse dans l’édition du 15 février: «Ne semble-t-on pas se mettre un doigt dans l’œil quand on observe que Lalonde et Payan (excellents joueurs du reste) qui, tout affublés qu’ils sont de noms parfaitement canadiens, n’en sont pas moins pour cela de parfaits anglais ne sachant pas un traître mot de français?». Et voilà notre concitoyen Payan au cœur de la polémique.
Cette affaire se règle au début de la saison suivante lorsque les dirigeants du circuit adoptent un règlement exigeant que le Canadien embauche des joueurs exclusivement francophones; ce faisant, l’équipe montréalaise obtient ainsi le monopole sur les joueurs Canadien-français.
Fin de l’extrait
Même si la situation a évoluée depuis cette époque, le Canadien de Montréal et le fait français sont des sujets qui font couler beaucoup d’encre, et ce, depuis fort longtemps.
Même si la situation a évoluée depuis cette époque, le Canadien de Montréal et le fait français sont des sujets qui font couler beaucoup d’encre, et ce, depuis fort longtemps.





1 commentaires:
Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html
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