Bonjour à tous,
Aujourd’hui, le 14 octobre 2009 est une date historique que l’on doit retenir. C’est en effet aujourd’hui que l’on peut affirmer – sans se tromper – que les courses de chevaux, le plus vieux sport pratiqué au Québec, est bel et bien mort et enterré. Cela survient alors que la société Attractions Hippiques, qui était en restructuration depuis plus d’un an, cesse ses activités et dépose un avis d’intention de soumettre une proposition conformément à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.
Dans le Québec d’autrefois, bien avant la naissance de moyens de transport rapides et confortables, la place occupée par les chevaux dans la vie quotidienne est considérable. Bien au-delà de ses fonctions utilitaires, le cheval devient sujet de fierté pour l’habitant qui se targue de posséder la plus fringante monture.
C’est l’époque des courses traditionnelles, exécutées spontanément au fil des déplacements : il est alors d’usage de demander poliment le passage. Si le voyeur pressé omet d’en faire la demande, une course folle s’ensuit afin de satisfaire l’orgueil des deux conducteurs. Il faut voir dans ce trait psychologique profond, une des raisons qui explique le formidable développement des courses sportives au sein de la société canadienne au XIXe siècle.
À leur arrivée au Canada après la conquête, les Anglais reproduisent leur mode de vie et leur culture dont fait partie le sport. Les courses de chevaux, largement répandues au sein de la bourgeoisie anglaise, deviennent l’un des premiers sports pratiqués par les Canadiens français.
D’origine britannique, le sport des rois apparaît dans la ville de Québec en 1764. Vers la fin des années 1820, des courses de chevaux sont également organisées à Montréal. Par la suite, le développement et la diffusion de cette pratique sportive s’accentuent autour des localités de Québec, Montréal et Saint-Hyacinthe. « Entre les années 1850 et 1870, c’est la petite ville de Saint-Hyacinthe qui est la préférée des turfmen » affirme l’historien du sport Donald Guay. Le patronage des élites et le développement des moyens de communication font en sorte que le phénomène devient très répandu.
Cette grande popularité tient au fait que les courses sont autant d’occasions de paris et d’amusement pour une communauté en mal de divertissements. Par exemple, à Saint-Hyacinthe, Maurice Laframboise, qui est responsable des intérêts de la Seigneurie Dessaulles, aménage un rond de course sur ses terres en 1847. Quelques années plus tard, en 1857 et en 1860, il obtient du Gouverneur Général la tenue du Queen’s Plate, l’épreuve la plus prestigieuse du Dominion ! Lors de ces événements de courses, des grandes foules se déplacent vers Saint-Hyacinthe et les compagnies ferroviaires organisent même des trains spéciaux.
Qu’elles soient pratiquées sur la glace ou sur les pistes des hippodromes, ces manifestations apportent certains désordres. À l’occasion, elles exacerbent les tensions ethniques, mais elles amènent également des problèmes moraux liés aux paris et à la boisson.
Malgré tout, les courses de chevaux demeurent le premier véritable spectacle sportif.
Il est aujourd’hui disparu de la carte au Québec.